Et comme si nous nous étions jamais aimés, tu t'en vas.
Tu t'éloignes de plus en plus de moi et ma poitrine se déchire peu à peu, m'infligeant une douleur indescriptible.
J'ai envie de crier ma douleur, envie de crier mon amour pour toi mais je ne le peux.
J'ai envie de te retenir et te supplier de m'aimer mais mes jambes douloureuses ne parviennent à faire un pas.
Alors je me contente de pleurer, pleurer pour toi, pleurer pour nous ou plutôt pour cette absence de « nous ».
Je ne peux que te regarder t'en aller et prier que ta conscience t'hurle à la gueule de faire demi-tour et de m'étreindre aussi fort que tu le peux.
Qu'elle te supplie de me regarder droit dans les yeux en m'assurant que tu ne m'aimes plus. Mais en lâche que tu es, tu en es incapable !
Qu'elle souffre comme je souffre aujourd'hui qu'un coeur soit brisé, piétiné, écrasé et broyé en petits morceaux.
Mais tu ne te retournes pas. Tu ne me regardes plus. Tu ne reviendras plus.
Ta silhouette s'éloigne peu à peu de mon esprit pour ne devenir qu'un point dans l'infini. Tu es parti dans un murmure, un chuchotement inaudible. Et pourtant, j'ai compris. Compris, que plus rien n'est possible, que tu ne ressens plus rien pour moi. Je pourrais te supplier à genoux, cela n'y changerait rien. Tu ne m'aimes plus.
Mon souffle se coupe brusquement, j'ai mal. Si mal. Je croise mes bras frêles sur mon ventre qui semble être percuté violemment par un poing invisible. Ton poing.
Je pleure, je crie, j'hurle mais cette douleur est toujours là. Me brûlant à petit feu, s'attardant sur mon coeur, mon pauvre coeur meurtri.
• • •
Cela fait un mois et tu n'es toujours pas là.
Un mois que je souffre en silence, recroquevillée sur moi-même, attendant ridiculement ton retour.
Mais aujourd'hui est un autre jour, aujourd'hui est différent, différent parce que je sais que tout cela va s'arrêter.
Et je souris, heureuse. Heureuse que tout s'arrête enfin, heureuse de n'avoir plus jamais à ressentir cette torture continuelle.
Mon ciel va enfin s'éclaircir, permettant aux étoiles de laisser leur place à un soleil lumineux.
J'éclate de rire. Enfin. Les larmes ne sont plus qu'un mauvais souvenir désormais. Je me sens bien. Libérée. Heureuse.
Mon bras se tend pour se saisir d'une petite boîte qui m'attend depuis peu. J'ouvre délicatement le capuchon, savourant avec plaisir l'attente de la délivrance tant espérée.
Un cachet tombe dans ma main si fine et si pâle. Pâle de n'être pas sortie depuis ton départ, pâle de ne pas avoir vu la lumière du jour depuis si longtemps.
Lentement, j'avale, fermant les yeux sous la douleur. Cela fait longtemps que quelque chose de solide est passé dans ma gorge amaigrie.
Un, deux, trois, quatre, cinq et puis six... Le décompte continue. J'avale. J'avale jusqu'à ce que la boîte soit terminée, jusqu'à ce que le sommeil m'emporte à jamais.
Mon coeur bat de plus en plus lentement. La mélodie qu'il produit sonne comme une symphonie à mes oreilles. Celle de la liberté.
Lentement, je laisse la mort m'emporter vers une destination totalement inconnue.
Et comme si nous nous étions jamais aimés, je m'en vais à mon tour.